Alors que médias, consultants et analystes multiplient les conjectures sur la réalité d’une reprise économique, sa pérennité, sa solidité ou au contraire son aspect trompe-l’œil, l’Institut Sage a interrogé avec Ipsos 3077 PME sur leur vision pour 2010. L’intégralité des résultats sera dévoilée en mars mais en voici quelques éléments clés. D’abord, l’optimisme n’est pas encore revenu dans les niveaux d’avant-crise mais il progresse : 35% des entreprises se disent optimistes sur l’évolution de leur chiffres d’affaires alors qu’elles n’étaient que 22% en janvier 2009. En outre, 40% des PME de 1 à 10 salariés pensent que la situation économique de l’entreprise va s’améliorer. Pour les entreprises de 10 à 100 salariés en revanche, pas d’évolution attendue pour 54% d’entre elles (de même pour les entreprises de 500 à 2000 salariés). Enfin, le maintien des effectifs est attendu par la majorité des entreprises quel que soit le segment.
On le voit, la prudence doit rester de mise face à ces éléments qui ne révèlent pas de reprise solide mais plutôt une relative détente du climat économique. Souhaitons que 2010 soit placée sous le signe du succès pour les projets des entrepreneurs français. C’est en tout cas ce que je vous souhaite à tous, dirigeants et décideurs d’entreprise, pour cette nouvelle année !
Le rapport du MINEFI et du cabinet KPMG Entreprises intitulé Risques et opportunités de la transmission des entreprises individuelles a attiré mon attention.
Dès l’avant-propos, le cadre de l’étude est posé via une citation à laquelle je me rallie entièrement : « La transmission est un des enjeux importants pour l’économie nationale. Les PME en sont une composante essentielle. Cette étape de leur vie risque en effet de compromettre leur pérennité, notamment si les dispositifs d’appui et d’accompagnement ne répondent pas à leurs besoins. » Congrès International Francophone en Entrepreneuriat et PME (2006).
Cette étude nationale qualitative et quantitative se compose d’une enquête auprès d’une vingtaine d’experts (Banques, Cabinets spécialisés, Fiscalistes, Notaires, Avocats, Institutions) et d’une série d’entretiens avec une centaine de dirigeants d’entreprises contrôlées par des capitaux familiaux.
Les entreprises sont issues des secteurs de l’industrie manufacturière, des services aux entreprises, du commerce de gros. Leurs effectifs sont compris entre 20 et 1000 salariés.
Que nous apprend cette étude ?
Lire la suiteUn véritable choc démographique se prépare pour les petites entreprises : pas moins de 55% d’entre elles vont bientôt cesser leur activité selon une enquête réalisée par la Fédération des Centres de Gestion Agréés. Motif invoqué : le départ à la retraite des entrepreneurs issus de la génération du baby boom. Pour plus des deux tiers d’entre eux, d’ici 1 à 3 ans. C’est à dire… demain.
A l’heure où la retraite est un sujet brûlant, le « papy boom » représente-t-il une opportunité pour nos entrepreneurs et nos repreneurs ?
Lorsque l’on sait que la France compte 2,5 millions d’entreprises de moins de 20 salariés, on se prend à rêver : plus de 1,2 million d’emplois créés naturellement par la voie de la reprise… de quoi rassurer les statistiques de l’ANPE et de nos gouvernants ! De quoi en tout cas faire de la reprise un enjeu prioritaire de n’importe quel Gouvernement.
Mais ne nous méprenons pas : des TPE ne survivront pas au départ de leur dirigeant historique du fait même de leur activité (commerce de détail, artisanat, etc.). En outre, pour parvenir à des créations nettes d’emplois et à un enrichissement de l’économie française à travers la reprise d’entreprises, il faut accepter qu’être entrepreneur ne s’improvise pas, que diriger une entreprise nécessite des qualités et un profil particuliers, que ce profil – défricheur, gestionnaire, développeur – doit correspondre aux besoins de l’entreprise à un instant « T » de son évolution, en clair que tout le monde n’est pas fait pour reprendre une entreprise.
Lire la suiteLe 2ème baromètre Ifop sur la transmission-reprise d’entreprises est une véritable mine d’information (voir mes billets précédents sur les repreneurs qui jugent la reprise de plus en plus facile et sur la reprise : une étape parmi d'autres dans le déroulement d'une carrière ?). On y apprend notamment que les motivations de repreneurs ont évolué depuis 2003. Ils sont de plus en plus nombreux (39% contre 30% en 2003) à déclarer avoir repris une entreprise « pour le plaisir d’entreprendre, d’être dirigeant d’entreprise » ou « pour travailler dans un secteur d’activité qui (leur) tient à cœur » (34% contre 25% il y a 4 ans). En revanche, on observe une baisse assez spectaculaire de la motivation financière. « Pour investir, gagner de l’argent » n’est plus cité que par 15% des sondés contre 29% 4 ans plus tôt. Alors, philanthropes les repreneurs français ?
Selon moi, ces chiffres confirment la montée en puissance de la figure de l’entrepreneur en France. Déjà en 2006, 1 Français sur 4 déclarait avoir envie de liberté et penser à « créer une entreprise, (en) reprendre une ou se mettre à son compte » lors de la 1ère enquête IFOP.
Lire la suiteLe deuxième baromètre sur la reprise-transmission d'entreprise, qui vient d'être réalisé par l'Ifop, est très encourageant et presque inespéré ! On y apprend que 74% des repreneurs interrogés jugent l'acte de reprise de plus en plus facile, voilà qui aurait de quoi réjouir !
Et pour justifier leurs réponses, ils mettent en avant leur niveau d'information : 51% de ces mêmes repreneurs auraient entendu parler, au cours de ces 3 dernières années, des opportunités fiscales qui leur sont proposées. De la même manière, ils sont moins nombreux à craindre les lourdeurs administratives et juridiques (recul de 6% en 4 ans), l'un des principaux freins à la reprise évoqués par ces mêmes entrepreneurs.
Pour autant, faut-il se contenter de ces résultats, même s'ils vont dans le bon sens ? Méfions-nous des apparences et du déclaratif : le monde de la reprise n'est pas si simple qu'il n'y paraît et les entrepreneurs en sont conscients malgré tout. D'ailleurs, la même enquête montre bien ce sentiment ambivalent : avec les "paperasseries", la lenteur fait toujours peur aux acheteurs.
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