http://www.pascal-houillon.com/houillon/

A propos



Témoignez



Wikio - Top des blogs

Wikio - Top des blogs - Entrepreneurs

Un récent article des Echos décrit bien dans quelle situation se trouvent aujourd’hui les dirigeants d’entreprises, et la difficulté des différents chantiers qu’ils doivent mener non pas successivement, mais de front et concomitamment.  J’ai consacré deux précédents billets aux mauvaises surprises que rencontre le repreneur, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur. Aujourd’hui, les dirigeants d’entreprise font face à des difficultés similaires même s’ils ne sont pas repreneurs. En forçant le trait je dirais qu’ils se trouvent d’une certaine manière dans la position de celui qui prend les rennes d’une nouvel attelage.

 

La crispation économique généralisée, le brouillard global – qui ne permettent pas de donner des perspectives claires - mettent les dirigeants d’entreprises dans une position inconfortable et ravivent les tensions qui peuvent sommeiller en interne ou avec les partenaires. Management, salaires et politique de mobilité, délais de paiement, investissements, partenaires financiers, frilosité accrue des clients : tout revient sur le devant de la scène. Dès lors, la personnalité du dirigeant, ou les complémentarités au sein d’une équipe dirigeante, deviennent des facteurs clés.

Les propos de l’article illustrent bien les nouvelles contraintes : il faut faire plus vite, s’assurer et rassurer davantage dans ses prises de décisions, faire des choix stratégiques pour le long terme tout en prenant en compte l’immédiat, arriver à prendre un peu de recul dans le bruit médiatique, se montrer davantage créatif voire provoquer des changements radicaux. Et comme le repreneur vers qui tout le monde se tourne au moment où il prend les commandes, le patron est appelé en renfort pour juger, jauger et trancher à tous les niveaux, même les plus opérationnels. La frilosité risque d’entrainer une forme d’immobilisme, et c’est la voix du capitaine que l’on attend.

 

Communiquer, se montrer ouvert, consulter : le dirigeant d’entreprise est très sollicité ! La solitude est donc accrue pour celui ou celle qui doit jouer les équilibristes, entre des temps contradictoires : les temps des salariés, des marchés, des actionnaires ou du processus productif de l’entreprise ne sont pas les mêmes. Je reste persuadé que cette solitude est lourde à porter et difficile à partager avec des interlocuteurs qui ont des objectifs contradictoires : un salarié ou une banque n’attendent pas la même chose du dirigeant. Mais en temps de turbulences, il faut pouvoir trouver des appuis car tout devient très intense, de l’emploi du temps aux relations avec les divers interlocuteurs.

 

C’est pourquoi je reste convaincu qu’il faut créer du débat, du dialogue, des échanges entre dirigeants d’entreprises. Leurs différences de taille d’entreprise, de secteur d’activité, de marché, d’ambition, voire d’approche de l’économie et du management ne constituent pas une barrière mais une richesse : exploitons ce vivier ! Ils affrontent des situations qui ont des similitudes, et les meilleures pratiques doivent permettre des réflexions de fond, de déranger les idées reçues et offrir des perspectives qui peuvent être transposées.

 

Certains éléments de l’étude menée par l’Observatoire de l’Institut Sage que j'ai créé il y a 6 mois pour ouvrir cet espace de dialogue entre dirigeants viennent d’ailleurs confirmer mon intuition. Les dirigeants se montrent avant tout vigilants, et surtout il comptent en premier lieu sur leurs moyens internes pour faire face aux difficultés : réorganiser les ressources, mettre l’accent sur l’innovation, ne pas se contenter de fidéliser les clients mais au contraire partir à leur conquête (mentionné plus souvent que la fidélisation !).

 

Il serait illusoire et péremptoire d’affirmer que le dirigeant d’entreprise peut tout prévoir et tout anticiper. En revanche ce sont la capacité d’adaptation et de réaction qui distinguent les réussites les plus brillantes ou les traversées de crise dans les meilleures conditions. Il me semble que l’état d’esprit est le bon : la capacité de rebond ni la volonté d’entreprendre ne sont pas atteints, même si certains secteurs souffrent davantage ou ont été impactés avant d’autres. Pour ma part, je continue à encourager l’initiative, à rester attentif à l’évolution du contexte économique et à favoriser le partage qui permet de progresser ensemble.

 

Commentaires

Poster un commentaire

If you have a TypeKey or TypePad account, please vous identifier

TrackBacks

TrackBack URL pour cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00e54ef6bcc988340115701fbb9c970b

Blogs qui font référence à : Exercices d’équilibristes en temps de crise ? :


cadre-haut



Abonnez-vous par email

Recherchez

rss.png

Optimisée pour Firefox et IE7

  • ajouter à Google
  • ajouter à Yahoo
  • ajouter à Netvibes
  • ajouter à bloglines