Nicolas Sarkozy a annoncé hier, à l’occasion des entretiens annuels de l’Association des moyennes entreprises patrimoniales (Asmep) deux mesures visant à faciliter l’acquisition d’entreprises, notamment familiales : d’une part la déduction des intérêts des emprunts consentis pour racheter l’entreprise du revenu du repreneur, et d’autre part la réduction du coût fiscal de l’acquisition.
Je salue bien évidemment ces initiatives, qui ne sont pour l’heure qu’à l’état de projet, mais qui j’espère se transformeront très prochainement en réalité. Il est vrai, comme l’indiquent Les Echos d’aujourd’hui, que moins de 10% des transmissions d’entreprises sont familiales en France, contre 58% en Allemagne. Cependant, ces chiffres trouvent-t-ils leur raison d’être dans les seules lourdeurs fiscales françaises ?
Je ne le crois pas. Reprendre une entreprise n’est pas qu’une affaire de transmission à un héritier comme je l’indiquais dans mon précédent billet. Reprendre participe d’un désir et nécessite des qualités (autonomie, intuition, pragmatisme, écoute, capacité de travail, résistance au stress, etc.) qui ne se transmettent pas nécessairement de père en fils. En complément de l’expérience opérationnelle et managériale et des compétences métier et sectorielle – ce qui n’est déjà pas rien ! -, il faut « être » entrepreneur.
Car de l’adéquation entre le repreneur, son profil (gestionnaire, développeur, défricheur) et les besoins de l’entreprise à un instant « T » de son évolution découlera la réussite d’une reprise d’entreprise dans la durée.
Et c’est dans l’acceptation de ce mouvement vers une adéquation permanente que se trouve l’impulsion indispensable au développement de nos entreprises. Cela implique d’accepter que le changement à la tête de l’entreprise ne se résume pas qu’à une question de transfert du capital. Pourquoi ne pas faire en sorte aujourd’hui qu’un dirigeant change d’entreprise plusieurs fois dans sa carrière, comme n’importe quel salarié, afin que ses qualités servent l’entreprise qui en a besoin à un moment donné de sa croissance ?
On le voit, la reprise d’entreprise est une formidable opportunité pour permettre la création de ces « grosses PME » qui nous font aujourd’hui défaut et ainsi faire évoluer le tissu entrepreneurial français.
"Tout commence quand la reprise est signée"
Abonnez-vous par email
Recherchez
Commentaires
TrackBacks
TrackBack URL pour cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00e54ef6bcc9883400e550b7d0248834
Blogs qui font référence à : Reprise : des allègements fiscaux en préparation. Est-ce la bonne réponse ?: