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Je publie aujourd’hui le témoignage de François Galinou, dirigeant et actionnaire minoritaire, qui a repris l’entreprise qu’il dirigeait mais dont il n’était d’abord pas actionnaire.

Son témoignage illustre le fait que valoriser une entreprise en vue d’une reprise lorsqu’on est à la fois juge (futur repreneur) et parti (dirigeant au sein de la société) est un exercice délicat.

François Galinou est actuellement Dirigeant Fondateur de Pedagogic Agency, agence spécialisée dans le coaching basée à Levallois-Perret.

***

" Mon témoignage porte sur l’impact de la présence du dirigeant sur la valeur de l’entreprise surtout si vous êtes le dirigeant et l’acquéreur. Je suis heureux et honoré de témoigner sur le blog de Pascal Houillon car effectivement les expériences personnelles sont multiples, toujours différentes et enrichissantes.

En 20 ans d’activité dans la banque, l’informatique de gestion et la formation professionnelle, j’ai assisté ou participé de près à plusieurs reprises d’entreprises.  En 1989, je travaillais tranquillement dans un groupe de banques italiennes.  Quand des amis heureux fondateurs d’un éditeur de logiciel en pleine expansion m’ont contacté avec la formule suivante : « François il est temps que l’on s’occupe de ton avenir ».

Ils m’ont proposé de créer une filiale de leur société avec 20 % du capital. Après négociation, j’ai signé. J’étais content. Bien entendu, rien ne s’est passé comme prévu et les péripéties furent nombreuses. Les synergies prévues ne se sont pas mises en mouvement.

Au bout de 7 ans d’efforts, toutefois, la société comptait 20 collaborateurs et était raisonnablement profitable dans  un marché  incertain. L’actionnaire majoritaire s’était vraiment éloigné de l’activité de cette société. Mes amis avaient d’autres préoccupations. Par personne interposée, ils me parlèrent de sortie en me proposant de racheter leurs parts. Je sautais sur l’occasion de devenir actionnaire majoritaire. Toutefois, j’ai commis une erreur dans la valorisation de l’entreprise. C’était comme on dit «  mon bébé », et je me suis laissé emporter par mes sentiments en permettant d’établir une valorisation trop élevée.

Même si je me suis bien rattrapé par la suite, j’ai eu le temps de méditer sur cette erreur … notamment au gré des échéances bancaires personnelles qui se sont succédées pour rembourser la dette que j’avais contractée pour me racheter …

Je me suis dit au début que c’était un cas particulier. Puis par la suite je me suis rendu compte que c’était plus fréquent que je ne le pensais. J’ai vu un jeune homme entrer comme directeur du développement dans une entreprise avec la promesse de se voir céder l’entreprise par un patron qui affirmait vouloir prendre du recul... Grâce à son action vigoureuse, l’activité a cru de 40 % mais le prix de la société encore plus. Et ce jeune homme n’est toujours pas actionnaire.

J’ai vu aussi de nombreuses entreprises ne pas se vendre parce que le dirigeant en demandait le prix que cela valait avec lui dedans, actif et motivé, alors qu’il souhaitait partir. J’ai vu aussi des entreprises vendues fort cher péricliter en quelques mois après le départ du fondateur…

En conclusion, mon conseil serait de bien identifier l’apport exact du dirigeant et les conséquences de son départ ou de son maintien sur la valeur de l’entreprise au moment de sa cession, et ce de la manière la plus objective possible."


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