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L’écosystème de l’entreprise dans lequel le repreneur doit très vite entrer dans son ensemble (pour en connaître tous les liens) et dans le détail (pour ne rien oublier) constitue un élément capital pour sécuriser son opération de reprise et lui donner toutes les chances de succès. Mon intention n’est pas de livrer ici une méthodologie du parfait petit repreneur. Mais si je me fonde sur ce que j’ai pu observer autour de moi ou au travers de ma propre expérience, deux niveaux d’analyse sont à effectuer en tout premier lieu.

Ces analyses aboutiront à des prises de décisions claires de la part du repreneur : maintenir l’écosystème tel que ou rompre certains liens quand ces derniers ne font plus sens.

Une fois établi le rapport de capital qu’il est indispensable d’installer avec le vendeur et les associés éventuels, il faut passer en revue les autres liens qui peuvent soit s’avérer stratégiques et donc vitaux, soit au contraire néfastes pour la poursuite et le développement de l’activité.

Le premier stade concerne les liens opérationnels de l’entreprise, ceux qui lui permettent de fonctionner au quotidien et d'être insérée dans son tissu économique. Comme je le précisais dans un précédent billet, il est en effet essentiel de les poursuivre s’ils sont pertinents. Je veux parler ici tout d’abord des collaborateurs qui constituent la force vive de l’entreprise grâce à leur compétence, leur motivation, leur engagement et leur attachement à la structure.

Les fournisseurs et les sous-traitants sont également des éléments clés de la bonne marche de l’activité. Tout comme les partenaires de la distribution, les clients ou encore les banques. Il est indispensable d’étudier en détail l’état des liens qui unissent l’entreprise avec ces différents acteurs, véritables moteurs qu’il ne faudra pas gripper en changeant trop vite le mode d’organisation, en imposant de nouvelles méthodes ou en arrivant avec des idées préconçues ou des schémas préétablis.

Le deuxième stade d’analyse se situe au niveau des liens contextuels de l’entreprise qui concourent à l’équilibre (ou au déséquilibre) de son écosystème. Je pense notamment à l’examen des relations avec les partenaires sociaux (syndicats et représentants du personnel). Dans le même esprit, il me semble important d’analyser les liens de l’entreprise avec l’administration, les collectivités locales, la chambre de commerce ou des métiers, etc.

Finalement, l’expérience montre qu’il vaut mieux d’abord étudier ce qui existe, en valider la pertinence et l’efficacité avant de tout changer. La prise de recul est indispensable : le repreneur doit faire comme le peintre et reculer de quelques pas pour voir le tableau d’ensemble avant d’effectuer les retouches qui seront peut-être nécessaires. Le bon sens doit le conduire soit à maintenir les vecteurs qui assurent la bonne marche de l’entreprise, quitte à les renforcer ou les réactiver si nécessaire, soit à changer tout ou partie des liens qui ne participeraient pas à la bonne marche de l’activité ou qui ne serviraient pas ses objectifs.

Commentaires

Je lis avec le plus grand interêt votre dernier paragraphe. Pensez vous qu'il y a une durée moyenne d'observation ou de recul? Celle-ci dépend elle plus des hommes en place, du marché, de la "disponibilité intellectuelle" du repreneur? Quel genre de facteur fait qu'à un moment donné, une décision radicale doit/peut être prise? Diriez vous que, dans votre expérience, vous avez connu des cas où votre décision a été radicale trop tôt, trop tard ou adaptée? Merci pour votre blog très interessant en même temps qu'un peu "timide" parfois(si je peux me permettre). Bonne continuation.

Rédigé par: Sagesse | 6 fév 2008 22:09:58

Je pense que la durée moyenne d’observation dépend d’une multitude de facteurs. Pour parler de mon expérience, j’évalue cette durée moyenne à 6-8 mois. C’est souvent au terme de cette période que j’ai pu me faire une idée précise des enjeux des structures dont j’ai géré l’acquisition. Cette phase d’observation dépend évidemment de l’état dans lequel se trouve l’entreprise et ses salariés : est-elle solide ? Sont-ils motivés pour continuer le travail ? Ou au contraire est-elle délitée et bloquée ? Enfin, elle dépend surtout du repreneur et de sa capacité à appliquer et faire adhérer à son projet.

Je pourrais vous citer des exemples de décisions que j’ai prises un peu tôt. Ces dix dernières années m’ont en tout cas prouvé qu’en agissant tôt, je garde ma capacité de réaction et d’adaptation. Je montre également par ces décisions la voie dans laquelle je veux engager l’entreprise reprise. Je crois qu’il y a là des éléments sécurisants pour les salariés et l’activité.

Rédigé par: Pascal Houillon | 14 fév 2008 09:56:11

Merci pour la réponse.
Je penses que l'action est effectivement préférable à l'inertie ou au statu quo...ce qui est souvent le pendant d'une reprise avec conservation du management. En cas de reprise, notamment d'une entreprise en difficulté, il faut agir, mieux que vite, il faut agir clairement. Mais vous devez connaitre cet adage : "Celui qui agit, trouves un moyen . Celui qui ne fait rien, trouves une raison".

Rédigé par: Sagesse | 28 fév 2008 20:53:46

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