Une étude INSEE a attiré mon attention cette semaine : depuis 2002, on constate une forte hausse des créations d’entreprise, passant d’environ 220 000 par an en 2002 à plus de 320 000 en 2007. Excellente nouvelle pour l’économie française et l’esprit entrepreneurial !
Quand on sait que selon l’APCE, 25% des français déclaraient en 2005 avoir envie de créer une entreprise ou de se mettre à leur compte, on peut se dire qu’ils sont passés des paroles aux actes et se sont lancés dans l’aventure.
Mais l’information la plus notable, à mon avis, est que les créations sont de plus en plus le fait de chômeurs : 40% des créateurs étaient sans emploi. Le travail indépendant est en effet devenu une porte de sortie pour assurer son propre emploi : parmi les nouvelles entreprises, 87 % se créent sans salarié, c’est 10 points de plus qu’il y a 5 ans !
Ce qui a changé ? Le cadre légal, bien évidemment, ainsi que les aides, incitations et accompagnements.
La loi Dutreil de 2003 a en effet simplifié la création d’entreprise et ouvert de nouvelles voies de financement. En parallèle, le nombre de créateurs bénéficiant de l’ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) a été multiplié par 4 et concerne désormais 1/3 des créateurs, l’allègement des conditions d’obtention ayant donné un coup de fouet aux demandes en 2006 (+42 % sur les 11 premiers mois !).
Ce qui m’intéresse là-dedans, c’est que la reprise d’entreprises n’apparait pas. Un chômeur doit-il nécessairement créer pour être son propre patron ? En raison de quoi on ne l’accompagnerait pas, s’il le souhaite, dans la reprise d’une entreprise existante que le cédant veut transmettre ? Un repreneur a-t-il moins l’esprit entrepreneurial ?
Certes, la mise de départ est forcément plus importante, et le soutien de partenaires financiers nécessairement plus important et plus engageant que dans le cas d’une création. Mais là où, au fond, le bât blesse, c’est que le regard porté généralement sur les chômeurs est encore trop négatif et plein d’a priori. Il y a pourtant parmi les personnes sans emploi des gens aux talents de gestionnaire, de défricheur, de développeur, d’innovateur. Quel dommage de ne pas les laisser exprimer leur potentiel !
Qu’on les soutienne dans l’aventure entrepreneuriale, je m’en réjouis. Mais que l’on n’oublie pas la reprise d’entreprises. L’économie française a tout à y gagner.
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Commentaires
Peut-être qu'une création d'entreprise peut se faire avec un tout petit capital, ... alors que la mise de fonds est certainement plus importante dans le cadre d'une reprise !!!
Pensez-vous qu'un chômeur va obtenir beaucoup d'aide de la part des financiers ?
Je n'en suis pas certaine ...
Rédigé par: Sabrina | 6 mar 2008 11:39:22
Comme je le soulignais dans mon billet, le regard porté sur les chômeurs est encore trop négatif et plein d’a priori. Aujourd’hui, les causes de chômage sont multiples. J’ai croisé des chômeurs extrêmement compétents et expérimentés ces dix dernières années… Parmi eux, certains avaient un profil d’entrepreneur. Dans l’histoire d’une création ou d’une reprise d’entreprise, il doit surtout être question de compétences et d’expériences. Le demandeur d’emploi avec un profil d’entrepreneur doit être jugé par les partenaires financières sur la base de ses compétences, de son expérience accumulée et de sa motivation. Je pense que les aides débloquées pour les demandeurs d’emploi lorsque ces derniers ont un désir de reprise basé sur un projet sain et solide et sur des objectifs réalistes peuvent être importantes.
Rédigé par: Pascal Houillon | 13 mar 2008 18:09:44
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