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J’évoquais dans un précédent billet deux mots d’ordre importants que le repreneur doit garder en tête : la distance nécessaire pour comprendre l’entreprise, son environnement et son marché et la confiance en l’existant.

Cependant, la confiance n’exclut pas le contrôle et la vigilance, j’en suis persuadé. Je pense notamment à l’attention particulière que doit porter le nouveau dirigeant à sa relation avec le cédant et à la place de ce dernier au sein de l’entreprise.

On le sait, le cédant, porteur de l’histoire et de la culture de l’entreprise, est un pion important de l’échiquier de la reprise. On ne recommandera jamais assez aux cédants d’accompagner les repreneurs pour ce passage de témoin crucial sur lequel repose, en partie, la réussite des reprises d’entreprises.

Cependant, il peut s’avérer que les ambitions du repreneur et du cédant s’opposent. Voici quelques morceaux choisis de ce que je considère comme le « meilleur du pire » de la relation cédant / repreneur :

- Exemple n°1 : le cédant est animé d’une seule envie : vendre et quitter au plus vite son (ex) entreprise. Le cas du dirigeant qui réunit un vendredi à 16h le Comité d’Entreprise pour annoncer à la surprise générale son départ et présenter le nouveau dirigeant avant de partir pour d’autres horizons (parfois lointains) n’est pas une fiction. Vous imaginez sans difficulté l’émoi - légitime - des salariés qui s’interrogent immédiatement sur leur avenir, et l’embarras inévitable du repreneur face à un tel comportement.

- Exemple n°2 : le cédant ne remplit pas sa part de contrat moral en « abandonnant » le repreneur à ses difficultés, voire en lui « sabotant » le projet. Il peut, par exemple, « oublier » de transmettre des informations clés, quitter ses fonctions avec des éléments importants (contentieux en cours,…), promouvoir des personnes à des postes clés alors qu’elles n’en ont pas les compétences ou, pire encore, tirer les ficelles dans l’ombre en jouant de son relationnel et de son historique auprès des salariés, des clients et/ou des fournisseurs.

- Exemple n°3 : le cédant reste lié émotionnellement à son entreprise et ne coupe pas le cordon. Il reste dans l’entreprise en tant que collaborateur mais continue à s’impliquer à un niveau qui n’est plus le sien. Il demeure le référent, la mémoire, celui qui graisse les rouages et résout les situations complexes. Cela part parfois d’une bonne volonté mais ne permet pas au repreneur de s’installer réellement dans son rôle et d’asseoir son autorité.

Ce n’est là qu’un court panorama mais certains d’entre vous ont peut-être connu des situations similaires ou d’autres complications imprévues ? N’hésitez pas à les partager sur ce blog !

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