Le Trophée de la reprise (cf. mon billet sur l’événement) a récompensé Olivier Riom, repreneur de Volutique & Jugeur pour sa gestion sans failles de l’après-reprise. Il a choisi de réformer son entreprise en menant des actions de développement significatives, et en instaurant une politique salariale motivante pour le personnel. Résultat, trois ans plus tard il a doublé les effectifs, le chiffre d’affaires et les bénéfices de Volutique & Jugeur avec 110 collaborateurs et 10,8 millions d’€ de chiffres d’affaires. Cet exemple montre qu’il est nécessaire de déployer très rapidement une politique de réformes innovantes, qu’elles soient technologiques ou non, afin de développer son entreprise.
La reprise d’entreprise, c’est 600 000 entreprises qui devraient changer de main dans les 10 ans à venir (source OSEO / INSEE), soit une moyenne de 60 000 transmissions par an. Pourtant, on constate un taux d’échec significatif avec 30% de faillites au bout de 7 ans. Cela réside peut être dans le fait de ne pas suffisamment considérer la reprise comme un point de départ permettant de faire grandir l’entreprise et d’en faire une grande PME.
Lire la suiteLe Club des Cédants et Repreneurs d’Affaires (CRA) a remis le 3 février dernier lors du Salon des Entrepreneurs à Paris son 3ème Trophée de la Reprise qui récompense une reprise d’entreprise réussie dans la durée. Il a été attribué à Olivier Riom pour sa reprise de la société Volutique & Jugeur en région nantaise, spécialisée dans le second œuvre du bâtiment (aménagements intérieurs) et qui réalise près de 11 M€ de chiffre d’affaires et compte 110 salariés. Mes sincères félicitations à lui ainsi qu’aux 5 autres nominés du Trophée qui ont tous réalisé des choses exemplaires dans leur entreprise.
- Une
reprise est l’occasion de réformer l’entreprise, c’est-à-dire d’installer ce
qui n’existait pas du temps du cédant et qui va permettre à l’entreprise de
poursuivre son développement. Le repreneur devenu dirigeant est l’homme de
l’innovation – technologique ou non, et pas nécessairement lourde – grâce à son
profil et à son expérience particuliers. En réformant les processus,
l’organisation, le management ou en rapprochant l’offre de produits ou de
services des besoins du marché grâce à son regard neuf, il offre à l’entreprise
les moyens de sa croissance immédiate et future.
Une récente étude mise en ligne par le cabinet de conseil en ressources humaines Towers Perrin a attiré mon attention. Elle porte sur lesfusions et acquisitions au Canada, mais il me semble que sa portée est plus large et que les conclusions sont valables partout ailleurs. Cette étude vient également conforter ma conviction profonde : il faut miser sur le capital humain existant et faire confiance !
Selon cette étude menée par la Fondation de recherche des dirigeants financiers canadiens (FRDFC), les responsables financiers des transactions qui réussissent le mieux sont ceux qui consacrent le plus d’énergie à la création d’une savante alchimie mêlant compétences et expertises, communication et gestion du changement, et évaluation des synergies internes.
Arrêtons-nous une seconde : on parle bien des directeurs financiers, que l’on dit hommes et femmes de chiffres, analysant tableaux et graphiques. Bien sûr, la croissance des revenus, l’amélioration des marges et la réduction des coûts figurent en bonne place dans leurs préoccupations, mais la réflexion à long terme sur ce qui fait l’ADN profond d’une entreprise se fait plus présente chez ceux qui ont mené à bien une fusion-acquisition, selon cette étude menée auprès de plus de 100 dirigeants financiers ayant achevé une fusion ou une acquisition.
L’explication qui me paraît intéressante vient de la situation de l’entreprise rachetée : ceux qui cherchent une croissance externe pour bénéficier d’un savoir-faire et d’un marché existants seraient plus sensibles à la préservation, à l’analyse et à la bonne intégration des équipes. Et de fait, la question de la nouvelle symbiose entre deux cultures d’entreprise, celle du racheté et celle de l’acheteur, est primordiale.
Lire la suiteAlors que médias, consultants et analystes multiplient les conjectures sur la réalité d’une reprise économique, sa pérennité, sa solidité ou au contraire son aspect trompe-l’œil, l’Institut Sage a interrogé avec Ipsos 3077 PME sur leur vision pour 2010. L’intégralité des résultats sera dévoilée en mars mais en voici quelques éléments clés. D’abord, l’optimisme n’est pas encore revenu dans les niveaux d’avant-crise mais il progresse : 35% des entreprises se disent optimistes sur l’évolution de leur chiffres d’affaires alors qu’elles n’étaient que 22% en janvier 2009. En outre, 40% des PME de 1 à 10 salariés pensent que la situation économique de l’entreprise va s’améliorer. Pour les entreprises de 10 à 100 salariés en revanche, pas d’évolution attendue pour 54% d’entre elles (de même pour les entreprises de 500 à 2000 salariés). Enfin, le maintien des effectifs est attendu par la majorité des entreprises quel que soit le segment.
On le voit, la prudence doit rester de mise face à ces éléments qui ne révèlent pas de reprise solide mais plutôt une relative détente du climat économique. Souhaitons que 2010 soit placée sous le signe du succès pour les projets des entrepreneurs français. C’est en tout cas ce que je vous souhaite à tous, dirigeants et décideurs d’entreprise, pour cette nouvelle année !
Ciel a publié récemment le premier Baromètre de l’auto-entrepreneur basé sur une étude réalisée mi-septembre 2009 auprès de 817 auto-entrepreneurs. Je trouve ce baromètre particulièrement intéressant car il permet de dresser le profil type de l'auto-entrepreneur et de constater que ce nouveau statut n'a pas permis de compenser l'écart entre les hommes et les femmes en matière de création d'entreprise, l'étude laissant entendre que les femmes prennent plus de temps pour réfléchir à leur projet.
Les chiffres révèlent également la grande expertise des créateurs et créatrices qui se lancent pour la plupart dans les services, mais ils soulignent aussi un certain amateurisme en terme d'étude de marché, recherche de clients et étude marketing de leur offre. Les auto-entrepreneurs ont en effet profité de l'effet "se lancer sans prendre de risque" mais auront-ils la capacité de durer, sont-ils bien armés ?
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L’Assemblée nationale débute aujourd’hui l’examen du projet de loi de finances pour 2010 avec un débat sur les modalités de la suppression de la taxe professionnelle.
Cette réforme doit permettre un allégement d’impôt de 4,3 milliards d’Euros par an pour les entreprises. Or, les députés UMP se sont mis en ordre de bataille pour réduire cet avantage - pourtant constitutif du développement des PME - afin de préserver l’autonomie fiscale des collectivités locales. La version parlementaire de la réforme tendrait à réduire d’environ 1 milliard d’Euros le gain pour les entreprises ! Sans doute les représentants de la nation y voient-ils l’occasion de ne pas se mettre à dos les collectivités pour préserver ou développer des liens privilégiés avec une partie de leurs soutiens électoraux. A la veille d’élections régionales, la ficelle est un peu grosse. Et grave du point de vue des PME qui depuis plus d’un an traversent une période extrêmement difficile et doivent trouver des marges de manœuvre pour développer leurs investissements – synonymes de croissance – tout en luttant pour résoudre le problème récurrent de la faiblesse de leurs fonds propres.
Il est temps pour nos politiques de regarder plus loin que des intérêts court terme et de s’engager dans une politique résolument orientée développement des PME, plutôt que d’attendre d’elles qu’elles deviennent toutes – et uniquement - des gazelles à forte croissance. Notre tissu économique est fait d’entreprises extrêmement variées dans leur organisation, leur expertise, leur stratégie d’évolution, leur structure capitalistique, voire leur capacité à se développer. Nos députés doivent en tenir compte et soutenir les mesures d’allégement sans réticence d’aucune sorte plutôt que de serrer le cou de nos entreprises à des fins électoralistes.
Il est toujours agréable de voir se développer des espaces de dialogue entre entrepreneurs car l’échange provoque des questionnements utiles qui permettent de progresser. Quand il s’agit en plus d’un blog ouvert, tenu par un connaisseur de l’économie française qui s’interroge et participe activement à l’information, c’est une nouvelle encore plus plaisante !
Yann le Galès, Rédacteur en chef adjoint au service économie
du Figaro, m’a fait l’amitié de bien vouloir me laisser carte blanche sur son
blog, le bien nommé « Paroles d’entrepreneurs ». Vous vous en
doutiez, le billet que je lui ai proposé parle de reprise d’entreprise et j’y
développe mes convictions. Il est en
ligne ici.
Les témoignages de repreneurs que j’ai pu mettre en ligne depuis deux ans sont fondés sur le même principe : donner la parole à ceux qui vivent une aventure entrepreneuriale et qui souhaitent partager leur expérience.
Il y a souvent dans l’activité d’une entreprise une période qui peut être plus calme. Il peut s’agir de l’été, ou de la période hivernale, ou de périodes un peu creuses qui reviennent régulièrement quand l’activité est ponctuée par de grands rendez-vous.
Pour un repreneur fraîchement installé, comme pour tout dirigeant, c’est le bon moment pour prendre un peu de recu.
Il est important de trouver ce moment de calme, et cela peut se définir assez facilement à l’avance quand on observe la société rachetée. Sinon il suffit de regarder le plan de charge annuel et d’y repérer les creux. L’important est de se ménager cette pause. Pour le repreneur, il est l’heure de se poser les questions qu’il n’a pas le temps d’aborder quand il a le nez dans le guidon, quand il est tout occupé à transformer l’entreprise et à en prendre les rennes.
Il manque bien souvent à son radar un regard analytique et prospectif sur son secteur d’activité, cette « intelligence économique » si utile à l’entreprise. Depuis qu’il est devenu le nouveau dirigeant, a-t-il suffisamment fait le point sur les évolutions légales en cours et à venir ? A-t-il regardé tous sont ses concurrents locaux, nationaux, internationaux ? Sait-il ce qu’ils ont entrepris de leur côté : nouvelles offres, nouveaux développements, nouveaux modes de distribution, politique de prix… Où en est son écosystème (partenaires et fournisseurs) ? A-t-il de bons contacts avec ses fournisseurs, ses clients, a-t-il pu rencontrer tous ses partenaires ? A-t-il renouvelé cet écosystème, l’a-t-il élargi ?
Il est aussi important de faire un bilan personnel de son acte de gestion : quels étaient les objectifs fixés à l’origine ? Où l’entreprise en est-elle ? Quels sont les chantiers qui portent déjà leurs fruits ? Quels sont ceux qui sont en retard ? Où se trouvent les points bloquants ? Quels sont ceux qui finalement se révèlent peut-être moins urgents, voire secondaires ou obsolètes ?
Recueillir le ressenti en interne doit aussi permettre d’ouvrir les horizons et d’apporter un regard critique de la part de ceux qui, aux côtés du dirigeant, sont l’entreprise et vivent le projet au quotidien. C’est également un moment pour sentir si la transition a bien été effectuée dans les esprits, pour jauger si le nouveau dirigeant est bien installé. Pourquoi ne pas consulter les avis des collaborateurs autour d’un temps fort qui les implique ? Un déjeuner dans un cadre inhabituel, des activités de team building, une présentation de ce qui a été accompli, l’annonce des prochaines étapes, un passage en revue des suggestions recueillies (anonymes, ouvertes selon la taille de l’entreprise et l’ambiance qui y règne)… Ce n’est qu’une suggestion mais je crois au partage des bonnes idées et il est certain que ceux qui étaient là avant le repreneur n’en manquent pas : ils sont une partie de l’histoire de l’entreprise.
Enfin, je pense qu’il faut prendre le temps de s’interroger sur la reprise en général, et consulter l’avis d’autres personnes totalement extérieures. J’en parle souvent sur ce blog. L’entrepreneur a toujours d’autres entrepreneurs dans son entourage : partenaires, clients, amis personnels ou même rencontres plus aléatoires. Même s’ils oeuvrent dans d’autres domaines, leur ressenti permet de se comparer, de prendre conscience d’autres façons de procéder : management, processus productif, politique commerciale, achats économes, trésorerie… la liste est longue ! Et bien entendu, il ne faut pas négliger le cédant : si la relation est bonne et si elle perdure dans le temps (ce n’est pas toujours souhaitable ni possible…) il peut apporter des clés de lecture qui échappent au repreneur, mais aussi des conseils avisés... ou au contraire à ne pas reproduire !
Tout n’est pas transposable mais l’entrepreneur ne doit pas rester isolé dans sa seule activité de dirigeant ni dans sa seule entreprise. Participer à des associations ou à des clubs, prendre le temps d’écouter pour décider ensuite, savoir exploiter les échecs et les réussites de ses pairs, garder l’esprit ouvert pour savoir s’adapter en observant le marché, tout cela est important en période de turbulences comme en période calme.
Je souhaite à ceux qui en prennent de bonnes vacances d’été et je vous retrouverai, avec l’Institut Sage, en septembre pour poursuivre ces réflexions et ces échanges au bénéfice de l’entrepreneuriat et des entreprises françaises.
Le Club des Cédants et Repreneurs d’Affaires (CRA) organise la 3e édition du Trophée de la reprise en partenariat avec l’Institut Sage, BNP Paribas, Gan Assurances et Varoclier Associés. Ce prix de 10 000€ récompensera une reprise exemplaire en fonction de critères précis (évolution du chiffre d’affaires, des effectifs, des résultats, de l’endettement, préparation de la reprise et mise en œuvre, montage juridique et financier…). Attention, dernier délai d’envoi des dossiers: 31 octobre 2009.
L’Institut Sage est heureux d’être cette année encore aux côtés du CRA pour développer l’esprit entrepreneurial en France et encourager les repreneurs !
Plus d’informations sur le Trophée de la reprise ici.
Je remercie Pascal Giraud de son témoignage que je vous propose aujourd’hui. Il porte sur l’importance de la communication interne et externe, qui sont des facteurs clés de réussite lors d’une reprise d’entreprise. Pascal Giraud nous fait également part de la façon dont il a vécu cette aventure, certes risquée, mais tout de même maîtrisée !
Pascal Giraud dirige actuellement Sembeil, entreprise de 5 salariés dans le secteur de la métallurgie.
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